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Accessibilité du site de l’office de tourisme : déclarer ne suffit pas
Beaucoup de sites d'offices de tourisme affichent « Accessibilité : non conforme » et en restent là. Sur 52 sites relevés, 14 seulement publient le taux d'un audit. Ce que dit la loi, et comment passer de la mention à la démarche.
pierre Do Rosario
En bas de la page d’accueil de nombreux sites d’offices de tourisme, on trouve une petite mention : « Accessibilité : non conforme ». La loi l’impose. Mais pour beaucoup d’offices, la démarche s’arrête là.
Le 9 octobre 2026, nous avons relevé la page d’accueil et la déclaration d’accessibilité de 52 sites d’offices et de comités du tourisme. La mention est souvent là. L’audit, beaucoup plus rarement.
Ce que montre le relevé
Sur 38 sites bâtis sur un même socle mutualisé, 26 affichent une mention : 25 disent « non conforme », un seul « partiellement conforme », aucun « conforme ». Parmi les 21 déclarations que nous avons pu lire, 17 indiquent qu’aucun audit n’a été fait, qu’il est prévu ou qu’il est en cours. Les 4 audits publiés donnent des taux de 31 à 39 %.
Hors de ce socle, sur 14 sites, 10 publient un taux issu d’un audit, de 43 à 96,5 %. Trois dépassent 75 % : Isère Tourisme (96,5 %, après un audit puis un contre-audit), Amboise Val de Loire (91 %) et Cantal Destination (84 %).
L’échantillon n’a rien de scientifique : ce sont des sites trouvés par recherche, sans tirage au sort. Les sites du premier groupe ne sont pas forcément inaccessibles : la plupart n’ont simplement pas été mesurés, et un site sans audit est « non conforme » d’office. La Fédération régionale des offices de tourisme de Provence-Alpes-Côte d’Azur faisait le même constat en 2025 : la plupart des sites d’offices n’ont jamais été audités, ou restent sous les 50 %.
Ce que dit la loi
L’article 47 de la loi du 11 février 2005 impose l’accessibilité des services en ligne aux personnes morales de droit public et à certains organismes chargés d’une mission de service public. Un office de tourisme y entre le plus souvent, mais cela dépend de sa forme (régie, EPIC, SPL, association) : à vérifier au cas par cas.
Concrètement, la loi demande :
- un site accessible, mesuré avec le RGAA (référentiel général d’amélioration de l’accessibilité), dont la version 4.1.2 compte 106 critères ;
- une mention sur la page d’accueil : « Accessibilité : totalement conforme », « partiellement conforme » ou « non conforme » ;
- une déclaration d’accessibilité, qu’on doit pouvoir ouvrir depuis toutes les pages ;
- un schéma pluriannuel de trois ans au plus, décliné en plans d’action annuels.
Le statut se calcule ainsi : totalement conforme quand tous les critères sont respectés, partiellement conforme à partir de 50 %, non conforme en dessous ou sans audit valide.
Depuis 2023, c’est l’Arcom qui contrôle. Après une mise en demeure, elle peut prononcer une sanction allant jusqu’à 50 000 € pour un site inaccessible, et jusqu’à 25 000 € pour une déclaration, un schéma ou une mention manquants.
Deux pages à ne pas confondre
La déclaration d’accessibilité du site dit si le site lui-même est utilisable par tous. Elle donne son statut et son taux, la date de l’audit et qui l’a fait, les contenus non accessibles et pourquoi, un contact, et le recours au Défenseur des droits si l’internaute n’obtient pas de réponse.
La page d’accessibilité des bureaux d’information dit si les lieux d’accueil le sont : entrée, comptoir, équipements, personnel formé, labels. C’est l’un des critères obligatoires du label Destination d’Excellence : nous l’avons détaillé dans ce que le label regarde sur le site de l’office.
Un office a besoin des deux.
Ce qu’implique la conformité
Atteindre la conformité prend plusieurs étapes.
L’audit. Un auditeur passe les 106 critères sur un échantillon de pages représentatif : l’accueil, une fiche, l’agenda, une carte, un formulaire. Il en sort un taux, et surtout la liste de ce qui ne va pas.
Les corrections. Elles touchent trois couches du site.

- Le gabarit : le thème, les menus, les carrousels, les formulaires, les cartes. C’est là que se corrigent d’un coup les défauts qui se répètent sur toutes les pages. Les audits publiés que nous avons lus en citent plusieurs : contrastes trop faibles, cartes sans titre, éléments qu’on n’atteint pas au clavier, texte qui casse quand on l’agrandit.
- Les contenus saisis chaque jour : les titres, les textes qui décrivent les images, les liens, les PDF, les vidéos.
- Les services venus d’ailleurs : billetterie, réservation, cartes intégrées. Dès que l’office les finance ou les contrôle, ils entrent dans le périmètre, même s’il n’a pas la main dessus. S’ils ne sont pas accessibles, la déclaration les cite parmi les contenus non accessibles.
Le contre-audit. Une fois les corrections faites, on remesure et on met à jour la déclaration. C’est ce qu’a fait Isère Tourisme, dont la déclaration publie les deux étapes.
Le schéma et le plan d’action. Ils fixent ce qu’on corrige cette année, qui on forme et ce qu’on audite ensuite.

La formation des équipes. Un site conforme le jour de l’audit se dégrade si personne ne sait écrire une bonne description d’image ou structurer un texte avec des intertitres. Cela vaut aussi pour les fiches Apidae : les légendes des photos et les descriptifs saisis par l’office se retrouvent sur le site.
Ce que fait WP-Apidae
Là où le site affiche les fiches Apidae, une partie du gabarit vient de l’extension : filtres, listings, cartes, fiches. Nous l’avons reprise pour qu’elle se parcoure au clavier et se lise au lecteur d’écran, d’abord en 6.1.4, puis plus largement en 6.7. Chaque photo importée porte un texte de description tiré de sa légende Apidae.
Ce travail ne suffit pas à rendre un site conforme : il porte sur ce que l’extension affiche, alors que l’audit regarde tout le site. Il évite seulement que les fiches Apidae ajoutent des défauts qui se répètent de page en page.
Fiche pratique pour l’office
Passer de la mention à la démarche, en six gestes
- Lire sa propre déclaration : est-elle datée, et dit-elle qu’un audit a été fait ?
- Faire auditer le site sur un échantillon représentatif, fiches et agenda compris.
- Corriger d’abord le gabarit, qui porte les défauts répétés sur toutes les pages.
- Lister les services intégrés (billetterie, réservation, cartes) et demander à chaque prestataire où il en est.
- Former l’équipe qui saisit les contenus et les fiches Apidae.
- Faire un contre-audit, puis mettre à jour la déclaration, le schéma et le plan d’action de l’année.
Sources
- Relevé de 52 sites d’offices et de comités du tourisme (pages d’accueil et déclarations publiées), e-labo, 9 octobre 2026. Échantillon de commodité ; nous n’avons fait aucun audit.
- Déclaration d’accessibilité d’Isère Tourisme, d’Amboise Val de Loire et de Cantal Destination.
- Fédération régionale des offices de tourisme Provence-Alpes-Côte d’Azur, « Destination d’Excellence : le critère oublié de l’accessibilité numérique », 24 octobre 2025.
- Article 47 de la loi n° 2005-102 du 11 février 2005 et décret n° 2019-768 du 24 juillet 2019.
- Arcom, accessibilité des sites et des services numériques : contrôle et sanctions.
- Accessibilité numérique, mentions et pages obligatoires, la déclaration d’accessibilité, le schéma pluriannuel et les critères du RGAA.


