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Destination d’Excellence : ce que le label regarde sur le site de l’office de tourisme
Le label Destination d'Excellence se joue surtout au comptoir, mais plusieurs de ses critères se vérifient sur le site de l'office : l'accessibilité des bureaux (obligatoire), celle du site (en bonus) et la sobriété de la page d'accueil. Ce que disent les textes d'Atout France, et ce que les fiches Apidae apportent déjà.
pierre Do Rosario
Quand un office de tourisme prépare la visite Destination d’Excellence, il pense d’abord au comptoir : l’accueil, l’écoute, la propreté, la documentation. C’est normal, c’est là que se joue l’essentiel. Mais en lisant le référentiel des offices de tourisme, on s’aperçoit que plusieurs critères se vérifient ailleurs : sur le site internet de l’office.
Le label d’Atout France a pris la place de Qualité Tourisme en mai 2024. Il repose sur deux piliers, Qualité et Écoresponsable. Pour l’obtenir, un office doit atteindre au moins 85 % sur le pilier Qualité, en remplissant tous les critères obligatoires d’accessibilité et d’écoute client. Sur le pilier Écoresponsable, il lui faut au moins 60 % lors d’une première labellisation (80 % au renouvellement).
Voici ce que les textes d’Atout France demandent au site, du plus important au plus léger.
L’accessibilité des bureaux, « sur le site internet a minima »
C’est le critère qui engage le plus. Le référentiel des offices de tourisme le formule ainsi (critère 125) : l’établissement informe les clientèles sur son accessibilité effective, en précisant notamment s’il a fait l’objet d’une dérogation concernant le handicap moteur, « sur le site internet a minima ».
Il fait partie des quatre critères d’accessibilité obligatoires, et c’est le seul des quatre au coefficient 9 : le guide méthodologique le place parmi les critères importants. Il ne peut pas être déclaré « non concerné ». Il est validé automatiquement pour un bureau labellisé Tourisme & Handicap, et il se vérifie à l’œil : l’auditeur regarde si la page existe et ce qu’elle dit.
Les trois autres critères obligatoires vont avec : le personnel sensibilisé à l’accueil des personnes handicapées, le registre public d’accessibilité rempli et tenu à disposition, et une fiche renseignée sur Acceslibre, le service public qui recense l’accessibilité des lieux recevant du public.

Sur le contenu de la page, le référentiel ne demande rien d’autre que la dérogation. Une page utile décrit, pour chaque bureau d’information : l’accès et le stationnement, l’entrée, le comptoir, les équipements (boucle magnétique, documents adaptés), le personnel formé, les labels obtenus, la dérogation éventuelle dite clairement, et les liens vers le registre et la fiche Acceslibre.
Dans un office qui travaille avec Apidae, une bonne partie de cette information existe déjà. Les bureaux d’information ont leur fiche, et une fiche Apidae porte des champs d’accessibilité : les labels Tourisme & Handicap, les types de handicap pour lesquels l’accueil est adapté, un descriptif par handicap (moteur, auditif, visuel, mental) et le nombre de personnes en fauteuil accueillies en même temps.
Avec WP-Apidae, ces champs s’affichent sur le site grâce au bloc Handicap (il existe aussi pour Elementor et Divi). La page d’accessibilité des bureaux peut donc reprendre ce que l’équipe saisit déjà dans Apidae, et rester à jour quand la fiche change. Reste à écrire à la main ce qu’Apidae ne porte pas : la dérogation, le lien vers le registre et celui vers Acceslibre.
L’accessibilité du site lui-même
C’est un autre critère, à ne pas confondre avec le précédent. Le critère 128 demande que le site de l’office soit « conforme aux principes du RGAA » (référentiel général d’amélioration de l’accessibilité). Dans le référentiel des offices, il est marqué bonus : s’il n’est pas rempli, il ne fait pas perdre de points.
La note de clarification d’avril 2026 précise ce que l’auditeur attend : une déclaration d’accessibilité mise à disposition, et une « note minimale de A ». Cette note n’existe pas dans le RGAA, qui mesure un taux de conformité et un statut (conforme, partiellement conforme, non conforme). Avant l’audit, mieux vaut donc demander à l’auditeur comment il lira la déclaration.
Pour un office soumis à l’obligation légale d’accessibilité numérique, la déclaration est de toute façon due, et le label donne une raison de plus de la publier.
Nous avons repris l’accessibilité de ce qu’affiche WP-Apidae (ce que change la 6.7), mais la conformité d’un site se mesure par un audit de tout le site : le thème, les contenus et les services intégrés.
Une page d’accueil sobre
Le pilier Écoresponsable compte un critère sur la sobriété du site : visuels optimisés, poids des photos réduit, vidéos courtes, fichiers compressés (critère 138, coefficient 1, vérifié par une attestation du prestataire du site). La note de clarification d’avril 2026 indique comment le tester : passer la page d’accueil dans l’EcoIndex. Cet outil en ligne note une page de A à G selon sa complexité, le nombre d’éléments qu’elle demande au serveur et leur poids.
Le barème de la note : A ou B, très satisfaisant ; C ou D, satisfaisant ; E ou F, insatisfaisant ; G, très insatisfaisant.

Sur un site de destination, ce sont surtout les photos qui pèsent. La mesure se fait en quelques secondes, avant l’audit, et elle dit tout de suite où l’on en est. Côté fiches Apidae, WP-Apidae sert les photos au format WebP, à la bonne taille, et ne charge les cartes et les vidéos que lorsqu’on en a besoin. Nous en avons mesuré l’effet avant et après la version 6.7.
Les autres critères qui passent par le site
Plusieurs critères du pilier Qualité regardent aussi le site, avec un poids moindre :
- une présentation soignée, attractive et ergonomique, lisible sur mobile (coefficient 3), et si l’office a plusieurs sites, tous sont audités ;
- un site bien référencé : le critère est validé quand le site sort en première page sur des recherches comme « que faire à », « tourisme » ou « dormir à » suivi du nom de la ville (coefficient 3) ;
- en bonus, un site traduit dans une troisième langue étrangère, une traduction automatique doit alors être validée par des personnes qualifiées ;
- la démarche Destination d’Excellence expliquée sur le site, ou un lien vers le site du label.
Pour le référencement et les langues, les fiches Apidae aident quand elles sont publiées comme de vraies pages du site : chaque offre a sa page, que les moteurs de recherche peuvent indexer, et les textes saisis en d’autres langues dans Apidae peuvent s’afficher sur un site multilingue. Cela ne garantit pas la première page de résultats.
Fiche pratique pour l’office
Avant la visite du label, cinq gestes
- Publier une page « accessibilité de nos bureaux », une partie par bureau, avec la dérogation éventuelle, le registre et la fiche Acceslibre.
- Remplir les champs d’accessibilité de la fiche Apidae de chaque bureau, même les plus petits.
- Publier la déclaration d’accessibilité du site.
- Passer la page d’accueil dans l’EcoIndex et garder le résultat.
- Chercher « que faire à », « tourisme » et « dormir à » suivis du nom de chaque ville où l’office a un bureau, et noter la position du site.
Rien de tout cela ne remplace l’accueil au comptoir.
Sources
- Atout France, le label Destination d’Excellence : « Il se substitue à la marque Qualité Tourisme depuis mai 2024 ».
- Atout France, procédure de labellisation : seuils d’obtention.
- Guide méthodologique Destination d’Excellence, version 5, mars 2026 : critères d’accessibilité obligatoires et coefficients (p. 17), pondération des offices de tourisme (p. 74).
- Référentiel Office de tourisme : critères 1 à 5 (p. 4), 112, 121 à 128 (p. 14-15), 138 (p. 16).
- Note de clarification Destination d’Excellence, version 2, avril 2026 : déclaration d’accessibilité (question 13), EcoIndex de la page d’accueil (question 16).
- EcoIndex, comment ça marche et Acceslibre.


