Blog 4 min de lecture

Climat : les clientèles qui viennent en train, ce que le site de l’office peut faire

À Pau, une conférence l'a rappelé chiffres à l'appui : l'essentiel de l'empreinte d'une destination, ce sont les trajets des visiteurs. Le levier le plus efficace pour un office est d'orienter sa promotion vers les clientèles qui peuvent venir en train. Sur les sites d'offices, il apparaît rarement.

pierre Do Rosario

climat : les clientèles qui viennent en train, ce que le site de l'office peut faire

Le 14 octobre, aux Rencontres nationales du e-tourisme à Pau, la plénière du matin a consacré une longue séquence au climat, « Les spaghettis du climat », menée par Maximilien Petitgenet, fondateur de Purple Pepper (replay). Le message bouscule un peu les plans d’action habituels : dans une destination, l’essentiel de l’empreinte vient des trajets des visiteurs.

Selon les chiffres présentés, ces trajets pèsent 75 à 80 % de l’empreinte d’une destination, devant l’énergie et les déchets (01:17).

Le premier levier : les clientèles de proximité

Les gestes classiques (éclairage, serviettes, tri) ont été présentés comme « l’alphabet » : utiles, mais loin de l’enjeu. Pour un organisme de gestion de destination, le levier le plus efficace, selon lui (01:19), est de réorienter le budget marketing vers les marchés de proximité, accessibles en train.

Il a cité des ordres de grandeur : pour la même quantité de CO₂, on fait quelques centaines de kilomètres en voiture, ou des dizaines de milliers en TGV. Le train, « 80, 100 fois mieux », a-t-il résumé (01:10).

Il a aussi fait lire par une IA les sites web d’une trentaine de destinations, parmi les premières sur Google, pour relever les mesures qu’elles affichent (01:20). Les écolabels et les diagnostics y figurent souvent. La promotion vers les clientèles qui peuvent venir en train, presque jamais.

Sur le site, ça se traduit comment ?

C’est là qu’on prolonge la conférence. Viser les clientèles qui peuvent venir en train, c’est aussi leur faciliter la venue une fois qu’elles regardent le site. Et un visiteur qui hésite à laisser sa voiture se pose des questions très concrètes. La gare la plus proche. Comment rejoindre le village depuis la gare. Ce qu’on peut faire sur place sans voiture. Où louer un vélo. Si les randonnées partent d’un arrêt de bus.

Apidae n’a pas de fiche « gare » ni « ligne de bus », mais une bonne partie des réponses y est déjà. Beaucoup de fiches portent un critère comme « Arrêt de transport en commun à moins de 500 m » ou « Moins de 10 min d’un arrêt de bus à pied », et un texte d’accès où l’office ou le prestataire écrit comment venir en train. Les loueurs de vélos ont leur fiche, les itinéraires de randonnée et de vélo leur point de départ. Ce qui manque souvent, c’est de rassembler tout ça pour quelqu’un qui arrive sans voiture.

Quelques pistes :

  • une page « sans voiture » qui liste les lieux proches d’un arrêt de transport en commun, filtrés sur ce critère Apidae, avec les loueurs de vélos ;
  • des itinéraires dont le départ est proche d’une gare ou d’un arrêt, présentés comme tels ;
  • des suggestions de séjour sans voiture, quelques jours construits autour de ce qui est accessible à pied, à vélo ou en transport.

Les itinéraires Apidae deviennent des pages avec carte et dénivelé grâce au module Rando & Vélo de WP-Apidae. Le reste relève du travail éditorial de l’équipe.

L’adaptation, et l’information à jour

L’autre partie de la conférence portait sur l’adaptation. Canicules, crues, sécheresses : les épisodes extrêmes deviennent la norme, et le sud de la France est en première ligne. Il faut, disait-il (01:22), penser l’adaptation des destinations dès maintenant.

Pour un site d’office, la conséquence est directe : quand un sentier est fermé, qu’une baignade est interdite ou qu’un site réduit ses horaires pendant une canicule, l’information doit être juste et à jour partout. C’est l’intérêt d’une fiche Apidae dont la mise à jour se répercute sur le site sans ressaisie (en temps réel), et d’un site qui suit les saisons de sa destination (module Saisons).

Ce passage nous concerne directement. Nous sommes à Aix-en-Provence, et les offices avec qui nous travaillons sont dans le Luberon, le Verdon et ailleurs en Provence. Canicules, feux de forêt, massifs fermés l’été, restrictions d’eau : pour eux, c’est déjà le calendrier de chaque été. Et chaque fois, la même question revient au comptoir et au téléphone : est-ce que c’est ouvert ?

Et le numérique ?

La conférence l’a dit aussi : le numérique n’est pas le premier poste d’émissions d’une destination. Un site plus léger reste utile (c’est le sens du travail d’éco-conception mené sur WP-Apidae), mais son effet est faible à côté de celui des trajets.